Histoire de l'Ariège
Les premières traces d’occupation humaine en Ariège remontent à plusieurs dizaines de milliers d’années. Les peuples préhistoriques ont trouvé refuge dans les nombreuses grottes qui émaillent la chaîne des pré-Pyrénées de Niaux au Mas d’Azil, de Bédeilhac à Lombrives.
Depuis toujours, l’Ariège a fait preuve d’un particularisme irréfragable. Plus que tout autre cependant, l’épisode cathare témoigne de ce particularisme (Montségur). L’hérésie dessine le rassemblement, à la fois religieux et politique, de l’Occitanie Transpyrénéenne. Dernier Comte de Foix, Henri IV de Navarre rattache définitivement au domaine royal (en 1607) ses propres domaines (Pays de Foix, Béarn et même des seigneuries du « Nord » du Royaume). Mais la « noblesse du Couserans, la plus indocile, la plus turbulente et la plus audacieuse du Royaume », est à « l’image de l’Ariège dont chaque village est un clan, une manière d’Etat qui a son " patriotisme" » (Michel Chevalier 1837 « La vie humaine dans les Pyrénées ariégeoises »).
La révolution est accueillie avec enthousiasme. Ce sont d’ailleurs ses instances qui rattachent artificiellement le Comté de Foix languedocien au Couserans gascon en 1790. La Fédération Pyrénées, née autour du Peyrat et de Bélesta, est une des premières de France. Parmi les conventionnels ariégeois, Vadier, de Pamiers, se signale par sa cruauté au temps de la terreur. Lakanal, par contre, s’illustre à l’échelon national pour son organisation de l’enseignement public. Les Ariégeois se sont engagés nombreux dans les armées révolutionnaires où plusieurs font une brillante carrière (Laffite, Clauzel).
Le XIXème siècle voit les Ariégeois prendre une part active aux événements politiques nationaux. L’un des leurs, Victor Pilhes, participe au Gouvernement révolutionnaire de 1848. Mais ce siècle est surtout marqué par le crucial problème économique. Le Code Forestier de 1827, interdisant l’usage des forêts domaniales, provoque le soulèvement des paysans ariégeois, déguisés à l’aide de chemises, d’où leur nom de « demoiselles », et se prolonge avec plus ou moins d’intensité jusqu’en 1870.
Progressivement, l’industrie prend le relais du pastoralisme. Cette industrialisation s’intensifie grâce au développement des anciennes industries de la métallurgie, du textile, du papier, à l’implantation d’industries nouvelles telle l’industrie chimique, à l’exploitation des carrières (plâtre, talc), à l’équipement des usines hydroélectriques. Il ouvre également l’Ariège vers l’extérieur par la mise en service de lignes de chemins de fer, le développement du thermalisme et, plus récemment, du tourisme.
Le XXième siècle signifiera pour l'Ariège une période de mutation économique mais aussi d'engagement. Terre de refuge pour les opposants au franquisme, le département se transforme en une terre de résistance à l'occupation et Rimont en village martyr. Ainsi, des cathares au résistants de 1940 en passant par les révolutionnaires, l'Ariège a toujours su allier particularisme et attachement aux valeurs nationales.
Pour en savoir plus:
Le site de l'histoire en Ariège: Histariège